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juin 18, 2013 - Non classé    No Comments

TOUS ENSEMBLE DANS LE CHALOM COMMUNAUTAIRE

TOUS ENSEMBLE 2013

 

 

TOUSflyer TE 12H ISRAEL) ENSEMBLE 2013

 

Le Consistoire au cœur du Chalom et de l’unité communautaire

 

La communauté juive de France est la plus importante d’Europe et la troisième au monde. Et pourtant, elle ne représente à peine moins d’un pourcent de la population nationale. C’est dire si son influence et sa place dans la société vont bien au-delà de son seul nombre.

Sa richesse réside avant tout dans la diversité de ses origines et de ses cultures, dans son dynamisme, dans l’étendue de ses actions, dans la solidarité dont elle fait preuve, dans la place qu’elle accorde à sa jeunesse et à la transmission de son histoire et de ses valeurs, dans sa fidélité à la République, dans son amour d’Israël, et dans l’attachement qu’elle porte à construire l’avenir juif de ses enfants.

Cette vitalité est à la hauteur des menaces et des attaques qu’elle subit en permanence. Pour défendre, représenter et porter ses intérêts au sein de la communauté nationale, la communauté juive s’appuie de longue date sur ses principales institutions qui œuvrent avec efficacité et détermination chacune dans son domaine de compétence spécifique.

Pour faire vivre et prospérer ce dynamisme de la vie juive au quotidien, et pour relever les enjeux et les défis à venir, la communauté juive a plus que jamais besoin de Chalom et d’unité de ses institutions représentatives. Le temps ne peut plus être aux divisions et aux querelles comme cela a trop souvent été le cas. Tout en restant centrées sur leurs missions propres, nos grandes institutions doivent se parler et s’exprimer d’une seule voix, réfléchir ensemble, et travailler ensemble…TOUS ENSEMBLE… Il y va de l’efficacité des actions menées, et de la force du message envoyé tant auprès de la communauté que des pouvoirs publics et de la société dans son ensemble.  Ces actions communes ne doivent pas se limiter à des manifestations protocolaires unitaires que l’on observe à la suite des tragédies qui affectent la communauté juive. Elles doivent être structurées, coordonnées et permanentes dans tous les domaines de la vie juive.

Une coordination des actions et projets menés par chacune est une nécessité incontournable. Comment peut-on imaginer que la communauté juive puisse encore gaspiller une partie de son énergie à des disputes internes, stériles et d’un autre âge ? Les considérations de positionnement personnel, trop souvent à l’origine de ces divisions, doivent enfin céder la place à une véritable vision communautaire globale. Non seulement le travail de chacun, en se concentrant uniquement sur ses propres missions, sera-t-il mieux fait, mais la puissance de la communauté dans son ensemble en sera renforcée.

Le Consistoire, la plus ancienne institution juive en France, occupe une place centrale dans l’organisation et la gestion de la vie juive. Il doit jouer un rôle majeur et exemplaire. Il doit tout d’abord abandonner ses dérives hégémoniques ; il se doit d’être fédérateur et ouvert,  jouant son rôle de rassembleur qu’il n’aurait jamais dû abandonner au profit de considérations politiques qui lui sont étrangères, qui ne correspondent pas à sa mission.

C’est pourquoi, loin de tout calcul égoïste et de toute stratégie solitaire, le Consistoire doit sans tarder envoyer des messages forts pour initier ce grand mouvement de Chalom et d’unité. Il y a déjà quatre ans, le regroupement TOUS ENSEMBLE avait préconisé la nécessité du Chalom communautaire, en faisant des propositions précises. Depuis, rien n’a bougé, et certains peuvent même soutenir que la situation s’est aggravée. La dernière journée du 2 juin en est une des manifestations flagrantes de l’ingérence du Consistoire dans le domaine politique, de la seule compétence du CRIF. Aussi, il est grand temps que chaque institution, et en premier lieu le Consistoire central et le Consistoire de Paris n’empiètent pas sur les compétences des autres institutions.

Le regroupement TOUS ENSEMBLE considère qu’il est plus que temps de décliner le Chalom communautaire dans trois directions.

D’une part, le Consistoire central doit enfin réintégrer le CRIF pour consolider au niveau national une seule grande voix, forte, cohérente et audible du judaïsme français.

Le retrait du CRIF, depuis de trop nombreuses années, du Consistoire central, et par voie de conséquence du Consistoire de Paris, pénalise les trois institutions, et toute la communauté. Appliquons la sentence populaire : « L’union fait la force », et réintégrons le CRIF. Les conditions pour une réintégration doivent être  discutées ensemble mais elles passent après cette ambition majeure. Les moyens ne doivent pas l’emporter sur la fin qui les dépasse largement. Comme le soulignait le Président de la République, le 2 juin dernier, lors du Congrès organisé par le Consistoire, à grands frais non couverts, le CRIF est l’interlocuteur des pouvoirs public pour le politique, et le Consistoire en est de même pour le cultuel.

Chacun doit revenir à sa mission première. Ce n’est pas parce que les Consistoires ont, ces dernières années, multiplié les relations avec le pouvoir politique, argument souvent avancé par les partisans du maintien de la division, qu’un tel fonctionnement est optimal. Loin de là. Les Consistoires doivent avant tout s’occuper des communautés juives et de la gestion de la vie juive, et continuer bien sûr à parler aux pouvoirs publics dans les domaines de compétence cultuels qui sont les siens, et de rien d’autre. Leur voix seront plus écoutées si elles s’inscrivent dans une démarche commune et unitaire. En ajoutant déjà en son sein le Fonds social juif unifié (FSJU), qui représente l’action sociale et culturelle, un CRIF représentant toutes les grandes institutions juives aurait indiscutablement une puissance de frappe bien plus efficace.

D’autre part, des groupes de travail entre les trois principales institutions du judaïsme français, Le Consistoire, le CRIF et le FSJU, doivent voir le jour pour redéfinir clairement les responsabilités de chacun, et explorer les partenariats susceptibles d’être développés. Ils doivent travailler au quotidien sur les sujets de préoccupation majeurs qui traversent la communauté et dont les conclusions seront présentées, discutées et mises en œuvre suivant un calendrier précis et régulier, conçu et respecté par tous.  A titre d’exemple, nous pourrions ensemble développer des modules de formation pour les cadres et responsables communautaires.

Enfin, le Consistoire de Paris doit structurer et harmoniser ses relations avec les Conseil des Communautés Juives (CCJ) à travers la formalisation d’un accord global, un chantier qui n’a jamais abouti, pour permettre l’émergence au niveau départemental et régional d’une force représentative et fonctionnelle crédible, solide et reconnue de tous. Durant la Présidence de Dov ZERAH, un projet d’accord avec les CCJ avait été élaboré. Depuis ce sujet a été écarté, et rien n’a été fait ! Profitons de ce travail, et reprenons très vite ce chantier, sur la base d’un texte d’ores et déjà rédigé, pour clarifier la situation, et engager la réforme de l’organisation consistoriale.

En clair, le Consistoire doit être au cœur d’une grande réforme de l’unité communautaire pour permettre enfin de bâtir avec d’autres, dans un climat d’écoute, de dialogue et de respect mutuel, un paysage institutionnel rénové, modernisé et renforcé au service du judaïsme français. En tant qu’acteur incontournable de la vie juive et au vu du message spirituel qu’il porte, sa mission le porte à être le pilier et l’artisan central du Chalom communautaire. Il doit en prendre l’initiative, en garantir l’aboutissement dans le dialogue et l’action commune. Après tant d’années de paralysie, de luttes de personnes et de beaux discours dans les relations entre institutions, il y a urgence d’actions concrètes, construites et applicables. Au-delà des mots et des slogans, nous faisons ici trois propositions claires et cohérentes. Elles ont le mérite d’exister et d’ouvrir le débat sur des projets concrets et non des querelles de personnes.

Ici comme ailleurs, agissons pour bâtir TOUS ENSEMBLE la communauté juive de demain.

 

PROJET DE PROTOCOLE ACIP – CCJ

En vue de sa signature après son adoption par le Conseil d’administration de l’ACIP, et de son intégration dans les statuts de l’ACIP, sous un titre spécifique intitulé

« Le CCJ, échelon départemental de l’ACIP »

Version du 17 juin 2013

 

PREAMBULE :

Les Conseils des Communautés Juives (CCJ) ont été créés en 1992, pour :

- diminuer l’isolement des communautés dans un même département, voire dans des villes voisines ou même appartenant à une même ville, et leur permettre de coopérer dans différents domaines, de se renforcer mutuellement et de réaliser ensemble des projets d’intérêt collectif,

- pallier l’absence de porte-parole coordonné à l’échelon départemental face aux pouvoirs publics en période normale ou de crise (préfecture, rectorat ou inspection académique, police, justice, conseils généraux, parlementaires, etc.)

Constitués par des dirigeants de la base communautaire, les CCJ ont favorisé le rapprochement, le dialogue et la coopération entre les communautés dans les domaines culturel, social, sportif, récréatif, sécuritaire, mais aussi politique, notamment la lutte contre l’antisémitisme et la défense d’Israël.

Il existe actuellement un CCJ dans chaque département de la région francilienne (91, 92, 93, 94, 95, 77, 78).

Ils ont été créés sur un même modèle statutaire, dans le cadre de la loi de 1901, et sur une même base éthique, avec une charte morale.

Les CCJ explicitent et relaient les décisions et projets des institutions communautaires centrales; ils coordonnent les activités des communautés dans les domaines précités et mutualisent leurs moyens, leurs activités et leurs prestations en créant entre ces communautés et associations une véritable synergie. Les CCJ sont les partenaires de toutes les institutions communautaires centrales.

 

I- RECONNAISSANCE MUTUELLE :

 

a- Les CCJ reconnaissent l’ACIP en tant qu’institution centrale et historique de la communauté juive francilienne. Les CCJ et leurs membres s’engagent à respecter pleinement les domaines de compétences de l’ACIP, notamment ceux liés au Culte, au Rabbinat, à la Cacherout, la Hévra Kadicha, le Talmud Thora, le statut des personnes, etc.

Chaque CCJ s’interdit d’intervenir dans ces domaines à moins d’être dûment habilité par l’ACIP, en vertu de mandat spécifique et ponctuel.

Les CCJ reconnaissent l’autorité du Beth Din de Paris.

Chaque CCJ s’attache, dans son département, à renforcer l’ACIP en favorisant l’affiliation de communauté indépendante, s’inscrivant dans le respect de la halakha et habituée à œuvrer en coopération et en synergie avec son CCJ.

b- Dans le cadre de la décentralisation consistoriale, le CCJ, regroupement de communautés consistoriales et indépendantes, s’affilie à l’ACIP pour en devenir son l’échelon départemental.

 

II- ORGANISATION :

a- Chaque CCJ est régi par des statuts basés sur un modèle type s’apparentant à la loi sur les associations de 1901. Ce modèle est joint en annexe des statuts de l’ACIP.

b- Le modèle-type des statuts prévoit notamment le strict respect de la halakha par chaque adhérent à un CCJ, l’affiliation de chaque CCJ à l’ACIP et l’élection des membres du conseil d’administration de chaque CCJ par l’ensemble des administrateurs des communautés adhérentes.

c- L’assemblée générale du CCJ est formée par les administrateurs des communautés adhérentes au CCJ. Elle constitue le collège électoral du conseil d’administration. Le conseil d’administration élu procèdera à l’élection du bureau. Les instances dirigeantes de toutes les CCJ sont renouvelées tous les 4 ans dans le trimestre qui suit l’installation du nouveau bureau de l’ACIP.

d- Au conseil d’administration et au bureau du CCJ, les responsables des communautés consistoriales sont majoritaires. Le président du CCJ est un responsable ou un ancien responsable consistorial (dirigeant de communauté ACIP ou administrateur du Consistoire). L’entrée en fonctions des administrateurs et membres du bureau du CCJ est validée par l’ACIP.

e- Le conseil d’administration de l’ACIP désigne un de ses administrateurs comme délégué consistorial auprès de chaque CCJ. A ce titre, il participe à toutes les réunions du conseil d’administration ou de chaque commission du CCJ. Il a accès à tout document du CCJ.

f- Le conseil d’administration du CCJ désigne un de ses membres comme délégué consistorial auprès de chaque communauté consistoriale de son département. A ce titre, il participe à toutes les réunions du conseil d’administration ou de chaque commission de la communauté. Il a accès à tout document de la communauté.

g- L’Union des conseils des communautés juives est dissoute.

h- Est créée auprès du Conseil d’administration de l’ACIP, une commission de coordination des CCJ composée des présidents des CCJ. Elle est co-présidée par le président du consistoire et l’élu des présidents des CCJ. Si ce dernier est administrateur du Consistoire, il est de droit un des vice-présidents de l’ACIP et du Conseil des communautés. Si l’élu des présidents des CCJ n’est pas administrateur du Consistoire, il est observateur au Conseil d’administration du Consistoire, co-président de la commission de coordination des CCJ et vice-président du Conseil des communautés.Cette commission est composée d’administrateurs du Consistoire et de représentants de CCJ. Toute administration au niveau départemental étant exclue, le Consistoire met à la disposition de la commission un secrétariat. Le Consistoire alloue des moyens à cette commission, sur la base de projets présentés par écrit.

i- Chaque CCJ est autonome dans son administration et dans sa gestion. Il rend compte une fois l’an du bilan de ses activités et de sa trésorerie à l’ACIP.

j- Après la réintégration de l’ACIP au Conseil représentatif des Juifs de France (CRIF),  les 7 membres représentant actuellement les CCJ à l’assemblée générale du CRIF rejoignent les membres représentant l’ACIP. Les délégués du Consistoire et des CCJ arrêtent ensemble la position à prendre sur tout sujet évoqué au CRIF.

k- Chaque CCJ s’attache à renforcer l’ACIP en favorisant l’affiliation à l’institution de communautés indépendantes qui s’inscrivent dans le respect de la Halakha. Les CCJ s’attachent à mettre en place, en concertation avec leurs membres, un calendrier des événements cultuels et culturels de l’année et les aident à organiser ces programmes dans les meilleures conditions. Les CCJ soutiennent les missions essentielles et historiques de l’ACIP, dans le cadre du développement d’une synergie départementale, comme, par exemple, le regroupement de certains talmudei torah d’un même secteur, ou la création d’antennes départementales de la hevra kadicha.